Intox climatique n°7 : la technologie nous sauvera !

Pour la COP21 de Paris, nous lançons une série pour déconstruire les intox climatiques les plus fréquentes. Des commentaires ou des questions sur cet article ? Retrouve nous sur Facebook ou Twitter.
L’intox

La dernière désintox de notre série est insidieuse. On l’entend chaque fois que sont suggérées des réformes institutionnelle ambitieuses, qui impliqueraient un changement systémique ou des régulations du marché. On nous dit alors que l’on n’a pas besoin de tout ça, puisqu’on a la technologie : le marché pousse à l’innovation et la créativité de l’être humain nous sauvera.

Nous reconnaissons le rôle vital des technologies – notamment du renouvelable – dans la transition, pour un futur sans énergies fossiles. Mais penser que cette mutation pourrait être atteinte dans le cadre du modèle économique actuel, où les multinationales font la loi, serait trompeur. Et beaucoup de technologies sales sont présentées comme des solutions miracle face au changement climatique.

Avant d’expliquer pourquoi on ne peut pas espérer résoudre le problème climatique avec l’approche l’ayant provoqué, penchons-nous d’abord sur la plus dangereuse de ces fausses solutions, issue tout droit du paradigme du « techno-optimisme » (et vantée par l’expo Solutions COP21 au Grand Palais, sponsorisée par les multinationales), et voyons si elle peut réellement contribuer à résoudre la crise climatique.

1. Le nucléaire

Depuis longtemps déjà, le nucléaire essaie de se vendre comme une solution idéale face à la crise climatique. Mettons de côté un instant tous les risques et problèmes que pose l’énergie nucléaire : émissions carbone à chaque étape de la chaîne de production, accidents catastrophiques, alimentation de la croissance économique, et enfin pas des moindres, la production de tonnes de déchets dont nous ne savons que faire. Plus d’informations ici.

Si l’on met tout cela de côté, il reste que la chaine de production de l’énergie nucléaire est hautement intensive en émission de carbone (au moins 30g de CO2 par kWh). C’est pourquoi nous affirmons que le nucléaire n’est pas propre, c’est bien une énergie sale.

Malgré tout cela – la construction de nouveaux réacteurs nucléaires contribuerait-elle à lutter contre le changement climatique ? Observons les chiffres. Ils peuvent être regroupés au sein de trois catégories « pas assez » :

  • Pas assez d’uranium

Actuellement, l’énergie nucléaire produit environ 11% de l’électricité mondiale. Si nous voulions en produire 70% à partir du nucléaire, nous utiliserions toutes les réserves d’uranium en seulement deux ans.

  • Pas assez de temps

En 2008, L’Agence Internationale de l’Energie a établi un scénario pour une action climatique basée sur le nucléaire, quadruplant la production nucléaire d’ici à 2050. Cela signifierait tripler le nombre de réacteurs en 40 ans, en démarrant 32 nouveaux réacteurs par an. Tout ceci abaisserait les émissions du secteur de l’énergie d’à peine 6%. Pire encore, c’est à peine réaliste : le nucléaire est maintenant en déclin continu, mondialement. Le chiffre de 11% étudié précédemment représente son niveau le plus bas depuis 1981. De fait, la plupart des réacteurs ont été construits dans les années 1980 et arrivent aujourd’hui en fin de vie. Et il faut au moins dix ans pour construire une centrale nucléaire, souvent même plus.

  • Pas assez d’argent

Décarboner l’économie mondiale coûtera beaucoup d’argent et d’efforts, ainsi nous devrions considérer soigneusement nos options. Le nucléaire ne réduit pas les coûts, comparé aux renouvelables : l’énergie atomique est deux fois plus chère que l’éolien.

Bilan : sauver le climat par le recours au nucléaire est un rêve illusoire. Il nous distrait des vraies solutions, et mobilise des fonds dont nous avons désespérément besoin ailleurs. Enfin, rappelons que le nucléaire est dangereux, polluant et néfaste socialement. Fausse Solution.

Petite anecdote : Patrick Moore, co-fondateur de Greenpeace depuis devenu lobbyiste, a nié à plusieurs reprises la responsabilité humaine dans le réchauffement tout en exaltant le nucléaire comme la meilleure solution à la crise climatique…

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Le nucléaire : la solution Mickey au changement climatique

2. Des énergies fossiles propres

L’idée selon laquelle les énergies fossiles, principalement le charbon pourraient être « neutres en carbone » se base sur la technologie appelée Capture et Stockage du Carbone (CSC, ou CCS en anglais). Il s’agirait de piéger le CO2 émis par les centrales à charbon, de le transporter par le biais d’un réseau d’oléoducs, pour ensuite :

  • Le pressuriser et l’enterrer dans la roche ;
  • Le rejeter dans les puits de pétrole partiellement vides pour pouvoir en extraire plus de pétrole (cette technique est connue sous le nom de récupération de pétrole renforcée) ;
  • Le dissoudre dans l’océan (contribuant à son acidification) ;
  • Le laisser réagir avec de l’oxyde de calcium, réaction chimique qui produirait du calcaire.

Intéressant, alors où est le piège ?

D’abord, la CSC diminue largement le TER (Taux de Retour Énergétique) des énergies fossiles, obligeant une centrale électrique à consommer jusqu’à 40% de l’énergie produite pour la seule CSC, ce qui compromet sa rentabilité économique. Deuxièmement, si nous nous penchons sur le scénario le plus probable, c’est-à-dire le stockage géologique, les risques d’infiltrations sont très élevés. Troisièmement, la CSC pourrait servir à justifier l’expansion des mines à charbon, aux effets dévastateurs sur le climat, la pollution et la santé. La CSC peut potentiellement servir à justifier la poursuite de politiques énergétiques basées sur le charbon, plutôt que de soutenir la transition vers les renouvelables. Voir le rapport de Corporate watch.

Enfin, et c’est très important, il n’existe aujourd’hui aucun projet de CSC au monde qui ait été entièrement mis en œuvre. Une étude sponsorisé par le MIT démontre que ce sera difficile avant 2030. Il est donc évident que la technologie CSC serait une réponse trop tardive puisque les émissions doivent commencer à baisser le plus vite possible, pendant la décennie actuelle, si nous voulons avoir une chance de contenir au maximum les effets du changement climatique. De fait, tous les projets pilotes de CSC sont en retard.

Bilan : Comme beaucoup d’autres solutions technologiques mises en avant par les entreprises, la CSC est présentée comme une technologie de passerelle, nous accordant plus de temps et de ressources pour mener une transition vers les renouvelables. En fait, les efforts des entreprises de charbon pour nettoyer leur image par le biais de la CSC surestiment cette dernière. C’est trop risqué, trop expérimental et trop cher pour pouvoir avoir un véritable impact face à la crise climatique. La CSC est utilisée comme stratégie par les départements de marketing des multinationales du charbon dans un objectif de légitimer leur expansion. Fausse solution.

488BHUMn-Lkh2jYzBS5ZT2j68JtaTd22uMSvfu1Oi5TItA4Rpn5XP8UQgLHDnWRq8IIGjN_RquiujwfdSCroXCKvcTTZhBg_jjzxNVLmYZ86vEKdZDwsopQXy1FIL9ol6r3CidjbLa magie du marketing : immeubles verts, avions verts, énergie verte, incinérateur vert, voitures vertes, emballages verts.

3. Le gaz, énergie de transition

Même si le gaz est moins intensif en carbone que les autres énergies fossiles, telles que le charbon ou le pétrole, et que remplacer des centrales à charbon par des centrales à gaz pourrait baisser nos émissions, l’idée que le gaz est une énergie de transition vers un futur renouvelable est, encore une fois, utilisée pour justifier des investissements dans de nouvelles infrastructures comme des oléoducs, de nouvelles centrales, ou des projets de fracturation hydraulique qui contaminent les plans d’eau.

Nous renforcerions ainsi notre dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, puisque qu’une nouvelle infrastructure devrait être utilisée pendant des décennies afin de profiter de retours sur les investissements. Il est aussi utile de rappeler que le gaz importé par l’Union Européenne bénéficie principalement à des régimes autoritaires, tels que la Russie ou l’Azerbaïdjan. En plus, les investissements publics dans les méga-projets pour le transport du gaz, justifiés par la « transition », utilisent des financements qui pourraient être utilisés dans le développement des renouvelables, tel que démontré par ce court dossier. Il faut aussi rappeler que des fuites massives de gaz pendant son extraction et son transport sont de plus en plus nombreuses. Et il est utile de rappeler que le méthane est un gaz à effet de serre 30 fois plus puissant que le CO2.

Bilan : la rhétorique de la « passerelle » que représenterait gaz aurait pu avoir du sens il y a 10 ou 20 ans quand la compétitivité des renouvelables était encore remises en question. Ce qui n’est aujourd’hui plus le cas. Le gaz reste une énergie fossile contribuant à l’effet de serre dont l’exploitation est dangereuse : fausse solution.

4. La voiture durable

Le transport, seconde source d’émission des pays du Nord après la production d’électricité / le secteur du chauffage, dépend de sources d’énergie peu diversifiées. Le secteur routier a un poids important dans les transports, à la fois de passagers et de marchandises, et les carburants alternatifs au pétrole sont rares. Les émissions dues aux transports doivent baisser. Peut-on le faire sans réduire l’emprise de l’automobile dans notre modèle de transport ? L’industrie automobile essaie d’imposer au moins trois technologies qui défendent cette idée, mais sont-elles faisables ?

  • Biocarburants : même si leur utilisation est limitée, les carburants produits à partir de produits agricoles tels que le colza provoquent l’augmentation des prix des denrées alimentaires, contribuant ainsi à la malnutrition et à la faim dans le monde. Pire encore, beaucoup de projets de biocarburants utilisent plus d’énergies fossiles pour la fertilisation des sols et leur marchandisation que la quantité d’émissions qu’ils permettent d’éviter.
  • L’hydrogène : la production d’hydrogène consomme plus d’énergie qu’elle ne produit. A ce jour, il n’existe aucune technologie qui puisse faire de l’hydrogène un carburant économique et accessible.
  • Voitures électriques : les voitures électriques ne produisent aucune émission directe. Mais d’où vient l’électricité qu’ils utilisent ? Peut-on s’engager dans le développement et la production de voitures électriques tout en prônant une transition vers les énergies renouvelables ? Pouvons-nous diminuer suffisamment nos émissions selon les limites imposées par la science et l’équité sans diminuer notre usage des voitures ? Même les études qui prévoient une augmentation – peu probable – de la mobilité électrique montrent que sa contribution à la réduction des émissions est négligeable. Le problème des voitures n’est pas lié aux carburants uniquement mais au fait que ce soit un moyen de transport inefficace. Suggérer que nous pouvons réduire leur impact sur l’environnement en changeant le carburant est une fausse solution.

Nous devons en finir avec la culture automobiliste et mettre en place de vraies alternatives. Cela implique d’imposer des taxes sur le pétrole et d’investir largement dans des moyens de transport propres et accessibles à tou-te-s, tels que les trains, les tramways, sans oublier d’améliorer les infrastructures pour les vélos. D’autres solutions viables : la relocalisation de la production agro-alimentaire et l’utilisation de trains pour le transport de marchandises au lieu de camions. De nombreuses villes dans le monde commencent à réaliser que l’usage excessif de voitures est néfaste à plusieurs niveaux, pas seulement pour le climat.

voiture_electrique_nucleaire5. Une économie verte ? L’efficacité énergétique et les limites des renouvelables

Les énergies renouvelables sont super, on est tou-te-s d’accord. Elles sont efficaces, propres, décentralisées, permettent le contrôle de l’énergie par les populations locales, et si elles étaient mobilisées elles pourraient remplir tous nos besoins énergétiques. Mais l’efficacité énergétique – soit la réduction de nos besoins énergétiques – est encore mieux.

L’une des techniques les plus dangereuses employées par les multinationales est de dire qu’elles sont d’accord sur ce point – pour ensuite proposer que le chantier soit livré au marché. On nous dit que si nous donnons libre cours à la concurrence « l’économie verte » émergera progressivement et qu’elle soutiendra la croissance grâce à l’augmentation de la consommation en énergie et en biens matériels (…et donc l’augmentation d’émissions…)

Le problème c’est que ni l’efficacité énergétique ni le développement d’énergies renouvelables n’ont de lien direct avec la consommation des énergies fossiles. Au contraire, cela peut mener à une baisse des prix du marché et ainsi provoquer une augmentation de leur consommation. Ce paradoxe a été décrit en 1865 par l’économiste britannique William Stanley Jevons, qui s’étonnait du fait que les moteurs à vapeur à haute efficacité énergétique entraînaient une augmentation dans la consommation de charbon, plutôt qu’une baisse : c’est l’effet rebond. Il existe des études montrant le même phénomène par rapport aux énergies renouvelables dans notre système économique actuel.

Si les pays développés réussissent partiellement un découplage entre leur consommation d’énergie et croissance actuellement, cela s’explique en grande partie par la délocalisation de nos industries les plus polluantes dans des pays du Sud, où l’on produit des biens d’exportation… destinés notamment aux marchés du Nord.

Enfin, si un « marché libre » a existé un jour, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les énergies fossiles reçoivent, dans les pays riches aussi bien que les pauvres, des subventions d’environ 500 milliards de dollars par an, soit plus que ce qui est consacré à la santé au niveau mondial.

Si nous voulons réduire nos émissions avant 2020, nous ne pouvons laisser la transition aux mains des marchés. Un véritable volontarisme politique est nécessaire pour garantir que 80% des énergies fossiles resteront bien sous terre. Il faudra interdire les nouveaux projets d’énergie fossile, mais aussi mettre fin à la recherche de nouvelles réserves, notamment en ce qui concerne les carburants non-conventionnels (gaz de schiste, sables bitumineux…) Les fonds publics doivent soutenir les projets d’énergies renouvelables et les travaux d’efficacité énergétique.

Bilan : Si nous voulons une société durable et juste, le changement technologique ne suffira jamais. Pour s’assurer que la transition bénéficie d’abord aux populations les plus vulnérables, nous devons refuser les stratégies commerciales et techniques : le changement dont nous avons besoin est structurel.

-YJ3btJfAX4BNbABzcNNqv1k4K-r0SGlcPQ7rKCZliU11XRtiVUXi1unhvsLcRYVQiTXU8ga3b-SVMojBbZr60KoaxJ10_8VRj9lrpOqL5Hu2KkHodJ8Bkw38n0GGeak6YwUivI1Ils ont dû couper tous les arbres pour imprimer l’argent pour sauver les banques, qui créera des emplois verts qui sauveront l’environnement…

6. La géo-ingénierie

La géo-ingénierie est un terme désignant une série de procédures technologiques qui pourraient être employées pour tenter de baisser la température sur Terre. Les propositions sont nombreuses (soustraire du CO2 de l’atmosphère), et certaines sont grotesques, comme celle suggérant de peindre en blanc tous les toits et les cimes des montagnes afin qu’ils reflètent les rayons du soleil, ou celle proposant de fertiliser les océans afin qu’ils « consomment » plus de CO2. Il y a aussi des projets trompeurs, comme la suggestion de couvrir les océans de morceaux de polystyrène ou de modifier génétiquement des arbres, pour arriver au même résultat.

La technologie la plus sérieusement envisagée et discutée, au point d’avoir vu le lancement de sa campagne de financement, est la gestion du rayonnement solaire. Cette technique impliquerait de diffuser dans l’atmosphère, par moyen d’un ballon gonflable ou par avion, des sulfates dont les particules détourneraient les rayons du soleil, et freinerait le réchauffement. Cette « solution » est proposée dans le bestseller Super Freakonomics de Steven Levitt et Stephen Dubner. Malheureusement ils font l’impasse sur les nombreux inconvénients du projet. Tout d’abord, le ciel deviendrait gris et perdrait à jamais sa couleur naturelle – et la valeur du ciel bleu ne peut sans doute pas être quantifiée en dollars. Pire, une fois la procédure démarrée, il faudrait continuer indéfiniment – si l’on arrêtait la diffusion des sulfates, la planète subirait un réchauffement brutal. Les études montrent que cela perturberait le cycle des précipitations dans la région équatoriale, et entraînerait la disparition totale de pluies de mousson dont dépendent des milliards de personnes.

Bilan : des idées comme la gestion du rayonnement solaire sont des exemples extrêmes de la mentalité qui cherche à remédier aux symptômes sans jamais questionner les causes. Cela nous mènerait vers une planète « zombie », vacillant entre deux extrêmes, cherchant désespéramment des solutions tout en se demandant où était l’erreur. Fausse solution.

(Le saviez-vous ? Les adeptes de la gestion du rayonnement solaire se moquent des critiques et prétendent que le problème des pluies pourrait se résoudre par l’ensemencement des nuages…  Apparemment on peut tout résoudre en disséminant plus de produits chimiques dans l’atmosphère…)

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Conclusion

Prenez garde quand vous entendez dire que nos problèmes peuvent se résoudre par les nouvelles technologies. Lorsqu’on nous présente la technologie comme une solution facile, nous devrions nous demander : qui nous propose cette solution ? Qui bénéficierait de sa mise en œuvre ? Les multinationales, qui ont causé et profité de la crise climatique, et qui cherchent à en profiter toujours plus ? Les promesses faites sont-elles cohérentes ? Cette solution est-elle réellement à la hauteur ?

La technologie est politique. Elle incarne les rapports sociaux qui l’ont produit. Elle ne peut être perçue indépendamment du système social dont elle fait partie et qu’elle sert, puisqu’elle est issue de ses demandes et de ses objectifs. L’énergie nucléaire, par exemple, ne peut être gérée de manière démocratique, elle est donc incompatible avec les systèmes énergétiques et démocratiques que nous voulons. En ce qui concerne le transport, il n’est pas question que de carburant, mais aussi de savoir comment on veut pouvoir se déplacer et quel genre de paysage urbain et rural nous voulons habiter. S’opposer à certaines technologies ne veut pas dire que nous voulons arrêter le progrès, mais tout simplement que nous voulons décider du type de progrès que nous voulons. La technologie n’est pas un but en soi mais un moyen. La technologie que nous choisirons dépendra des décisions que nous prendrons collectivement, selon le type de société que nous voulons.

Bien que certaines technologies spécifiques émettent des gaz à effet de serre, il ne suffit pas juste de les remplacer. Il faut s’opposer au système qui les a conçues et mises en place, un système fondé sur la croissance infinie et la recherche du profit à tout prix. La transition dont nous avons besoin inclut un changement des technologies, et nous pourrons mettre en œuvre des innovations passionnantes, mais cela suppose un changement structurel, mettant au centre la justice et l’émancipation de celles et ceux qui ont été mal servi-e-s par l’économie des énergies fossiles jusqu’à maintenant.

Quel changement voulons-nous ? Une transition vers un système énergétique propre, géré par le peuple, qui nous mettrait sur le chemin d’une société plus égalitaire et plus démocratique. Une société qui ne nuirait pas aux organismes vivants de notre planète, et qui assurerait des moyens de subsistance pour tout le monde. La technologie ne pourra nous l’assurer – seules les personnes peuvent le faire. À nous de jouer !

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Traduit de l’anglais par Sandra Laville et Camila Rolando