Non au climat de guerre : pas de salon de l’armement à Paris !

Eurosatory, le salon n°1 mondial de l’armement, ouvrira ses portes les 13 au 17 juin prochain. Ce salon étant peu connu du grand public, nous avons mené une campagne d’affichage de sensibilisation dans le métro parisien avec des activistes anti-pub.ES1

Cet hiver, les attaques puis l’état d’urgence ont détourné l’attention de la conférence climat de Paris et même servi de prétextes à la répression des mobilisations. Ironie de la situation : ces événements partagent une même histoire, celle de la course pour le contrôle et l’exploitation des réserves d’hydrocarbures. Aujourd’hui, dans un climat de montée en tension, faire le lien entre les causes structurelles, politiques, de la crise environnementale nous apparaît de plus en plus nécessaire. Ce débat est malgré tout absent du discours politique et médiatique : la question environnementale est toujours largement perçue comme un problème individuel (nous devons manger bio et trier nos déchets) ou technique (ce n’est qu’un léger dysfonctionnement de la machine, le progrès est porteur de solutions).

Nous sommes dans un contexte de déploiement d’un arsenal idéologique et politique du tout-sécuritaire. L’Etat français bombarde la Syrie et continue à se déployer dans la zone sahélo-saharienne sous prétexte de lutte contre le terrorisme…dans des zones où l’accès aux matières premières est remis en question. L’Etat soutient aussi l’industrie de l’armement, la France ayant explosé tous ses records dans ce secteur en 2015, en atteignant le rang de 2e plus grand vendeur d’armes mondial. Dans le même temps, l’agence européenne Frontex militarise les frontières afin de gérer le “risque migratoire” et a vu son budget multiplié par 14 en 10 ans. En France, état d’urgence, assignations à résidence, répression anti-syndicale et violences policières semblent constituer la seule réponse du gouvernement face aux demandes de justice sociale et environnementale.

De façon croissante, nous voyons comment les questions politiques et sociales sont prises en charge dans une perspective sécuritaire, et comment les Etats entretiennent la peur pour justifier ce virage. Le changement climatique n’échappe pas à cette dynamique, il devient même l’un des enjeux central de cet agenda, en tant que “multiplicateur de menaces”. Les mêmes groupes qui causent le dérèglement climatique réfléchissent aux “solutions” qui permettront de “nous protéger”.

Il y a un deuxième visage à la violence du complexe militaro-industriel : il est le premier émetteur de gaz à effet de serre au niveau mondial. La guerre amplifie le réchauffement, qui lui-même crée et amplifie des conflits dans le monde. Les conflits et toutes les activités à visée sécuritaire aggravent également la pollution de l’air, des sols et des eaux dans les pays, laissant derrière eux de véritables bombes à retardement pour les populations, et augmentant les coûts de la reconstruction. Malgré cela, la question n’est jamais soulevée lors des conférences de l’ONU, c’est le “grand non-dit” des négociations. Les Etats-Unis ont même obtenu que les émissions du secteur soient complètement exemptes de la comptabilité internationale. Le militaire est-il non-négociable ?

Quel est le sens de leur sécurité ? Une Europe toujours plus repliée sur elle-même, alors que les impacts du réchauffement climatique s’aggravent année après année, en particulier au Sud ? La poursuite de guerres, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, pour maintenir notre contrôle sur des matières premières de plus en plus rares ? Ces scénarios ne sont pas rassurants : bien au contraire. Ils laissent entrevoir un monde toujours plus injuste et toujours plus violent, une fuite en avant mortifère où les premiers responsables du changement climatique cherchent à tout prix à échapper aux conséquences de leurs actes. Le tout-sécuritaire est le problème, et non la solution.

NON AU SALON DE L’ARMEMENT EUROSATORY. NO WAR, NO WARMING.

#Eurosatuerie