Se mobiliser après le 13 novembre

Ce vendredi 13 novembre a clos une semaine de violence et d’horreur. Nos ami-es, nos camarades de lutte, nos collègues, nos familles, toutes les personnes qui nous sont chères et des centaines d’autres qui nous sont anonymes ont été touchées de près ou de loin par les attentats. Si les mots nous semblent dans de telles circonstances bien insignifiants face à ce terrible choc, les victimes et leurs proches n’ont jamais quitté nos pensées. 
C’est également avec désarroi que nous avons constaté que partout en France et dès le lendemain des attentats, la communauté musulmane a été la cible d’actes haineux qui font un amalgame nauséabond entre Islam et terrorisme. Déjà marginalisé-es par les discours et les politiques islamophobes de ces dernières années, nos ami-es doivent aujourd’hui faire face au même déchaînement raciste qu’après les attentats de janvier sans qu’il leur soit possible de faire le deuil de leurs proches affecté-es par les attentats de ce vendredi 13 novembre. Mais des élans de solidarité se sont également manifestés, montrant qu’uni-es face au choc nous sommes capables du meilleur.  
Néanmoins, le vocabulaire belliqueux utilisé par le gouvernement français et la prolongation de l’état d’urgence pour les trois prochains mois entretiennent un climat où toute expression de solidarité peinera à trouver sa place. Les discours sécuritaires ne servent qu’à nous distraire de l’urgence climatique, de la crise humanitaire qui se joue aux frontières de l’Europe, des centaines de milliers de réfugié-es qui fuient leurs pays déstabilisés par des années de guerre et de bouleversements climatiques. À un moment où la mobilisation populaire est plus que jamais nécessaire, le gouvernement français a pris la décision d’interdire toutes les manifestations en marge de la COP21, empêchant ainsi plusieurs centaines de milliers d’entre nous de faire entendre leurs voix.
La paix et la solidarité sont pourtant au cœur du combat pour la justice climatique. En luttant pour une gestion des ressources naturelles respectueuse de l’environnement, nous sommes aux côtés des communautés humaines dont les vies sont les plus impactées. Le lien entre capitalisme et impérialisme n’est plus à démontrer, et la dépendance mondiale aux énergies fossiles (le pétrole en premier chef) a pour conséquence de déstabiliser durablement des régions entières. Les dérèglements climatiques jouent un rôle de catalyseur et aggravent les inégalités et la vulnérabilité des communautés. C’est avec celles et ceux, et pour celles et ceux, qui subissent nos choix déraisonnés que les Jeunes Amis de la Terre appellent à rester mobilisé-es.
Des décennies de répression des mouvements sociaux ont appris aux communautés aux côtés desquelles nous luttons à contourner les interdictions avec toujours plus d‘énergie et de créativité. Nous nous inspirons de leur résilience et de leurs combats pour réussir à rallier des mouvements populaires d’ampleur qui ne cessent aujourd’hui de gagner du terrain. Ces derniers mois, nous avons d’ailleurs remporté de nombreuses victoires précipitant la fin inéluctable des énergies fossiles. Décrétons l’état d’urgence climatique et inventons de nouvelles formes de mobilisation à Paris et à travers le monde pendant toute la COP21, dans une résistance collective au système capitaliste, créative et populaire !